J'ai mis quelques lignes du "Chemin qui menait vers vous" sur le Post, c'est la moindre chose de coller un peu plus ici, tout de même, je manque à tous mes devoirs. Pour résumer, chaque semaine deux à trois nouveaux chapitres.
--- Le chemin qui menait vers vous. William Réjault / Laurent Latorre
Prologue
C’est la mort violente de Nicolas Sarkozy qui a tout précipité. C'est ce qu'affirment les gens, en tout cas. Les images se sont propagées comme une onde de choc parmi la population. Leur force était terrible. Avec du recul, d’ailleurs, je suis convaincu qu’il s’agit de la dernière fois qu’une information a été traitée avec autant de moyens à la télévision.
Je me revois assis sur le canapé, mon verre de rouge à la main, contemplant l’écran pendant des heures. Des images du onze septembre revenaient se superposer à celles-ci et c’était le même anéantissement pour beaucoup de Français. Les journalistes tournaient et retournaient autour des maigres infos dont ils disposaient. Certains n’hésitaient pas à élaborer des théories rocambolesques, mais au final une seule question hantait chacun de nous : le pays allait-il sombrer dans l’angoisse ?
Les candidats des partis qui se pressaient tant pour passer à l’antenne et vanter leur programme à quelques semaines des présidentielles sont devenus muets : aucun politique n’osait émettre de commentaire. 2017 avait été débattu en long, en large et en travers, à gauche comme à droite. L’échéance était enfin arrivée, mais ce coup de théâtre du mois d’avril était résolument de trop. La presse du lendemain a eu du mal à réunir quelques seconds couteaux pour parler de l’évènement : abasourdis, ils se sont contentés de ressasser leur incompréhension.
Le Président du Sénat a pris la place qui lui revenait constitutionnellement. Les médias ont expliqué que les élections étaient repoussées jusqu’à nouvel ordre.
Le gouvernement a travaillé, sûrement, mais en silence.
Et, pendant ce temps-là, le deuxième Exode se poursuivait.
“On reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait en claquant la porte” me disait souvent ma colocataire à l’université. Elle citait Gainsbourg, de mémoire. Je n’étais pas malheureux, non. Bon an mal an, je vivotais dans un petit marasme de bonheur en kit citadin. Une vie de bobo, réglée, un petit emprunt pour payer le voyage en Asie, un dvd loué parfois, le quotidien acheté quand les gros titres faisaient leur effet, une amoureuse qui n'habitait pas encore à la maison mais qui n’allait pas tarder. Et puis un chat. Je travaillais dans la communication. Mes journées étaient plutôt longues mais je ne me plaignais pas. J'avais l'habitude. La situation se dégradait très lentement autour de moi et la porte n’avait pas claqué, pas encore.
Ils avaient prédit tant de choses et elles arrivaient toutes, sans exception. Dans le désordre, certes, parfois plus vivement que dans nos pires craintes, parfois pas. Ils avaient prédit tant de choses et j’étais là pour y assister avec une angoisse que je dissimulais difficilement certains jours. J’avais lu ce livre, au début des années 2000, “La fin du pétrole”. Je me souviens du titre car j’en avais fait des cauchemars. J’en avais retiré quelques enseignements aussi. Le bouquin disait qu’à la seconde où les groupes pétroliers investiraient dans le nucléaire, ce serait le début de la fin pour l’ère du tout pétrole. L'auteur prévoyait que le manque ne serait pas soudain mais progressif, comme une chute de cheveux. On ne se rend pas compte de sa calvitie : on regarde dans la baignoire, au petit matin, et on y trouve des cheveux épars. Au début on ferme les yeux, on se convainc que cela ne peut pas nous arriver. On s'accroche à l'invincibilité de sa jeunesse en faisant l'autruche. Et puis un soir, en parcourant les photos d’un week-end chez des amis, on tombe sur un cliché de face, la tête un peu baissée, qui montre le front dégarni. Et là, il est déjà trop tard pour filer à la pharmacie acheter des ampoules qui ne seront plus d'aucune efficacité.
Le bouquin racontait la même chose : il disait qu’un jour le prix du pétrole allait flamber d’un coup pour ne jamais redescendre. Malgré les protestations, les manifestations et les émeutes, un peu plus tard, il augmenterait de nouveau et puis encore et puis encore. Surviendraient alors des vagues de licenciements suivies de dépôts de bilan par paquets. Acculés, certains n'hésiteraient pas à lancer des attaques violentes contre des camions-citernes et des stations services contraintes de pratiquer le rationnement. Leurs actes insensés ne feraient que renforcer la nouvelle règle mathématique qui régirait le monde : essence = survie. Le processus avait été décrit et planifié mais la rapidité avec laquelle la pénurie s'est installée a stupéfié tout le monde. Les citadins s’en sont mieux sortis que les campagnards, clairement. Simple question d'infrastructures et de priorités. Le gouvernement a réagi comme le fait un corps humain confronté à un froid intense. Pour préserver ses ressources et permettre au coeur de continuer à battre, il coupe l'alimentation des extrémités jugées secondaires. Les hameaux ont été sacrifiés sans état d'âme au profit des grandes villes. Le Ministre de l'Écologie, de l'Énergie et du Développement durable avait souvent répété que la France était le seul pays au monde qui ne connaîtrait pas la nuit : “Nous avons des centrales ! Nous avons le nucléaire ! Il n’y a pas à s’inquiéter”. L’extinction des lumières dont on parlait tant par mode ou par conviction citoyenne quelques années plus tôt est devenue en Europe un enjeu politique : il ne fallait pas ajouter au désordre social l’obscurité citadine et, pensait-on, aggraver le chaos occasionné par la chute dans la nuit. Les métropoles devaient rester éclairées coûte que coûte. On se trompait lourdement. Des coupures de courant sporadiques se produisaient dans les grandes capitales. Une peur généralisée se répandait alors chez les citoyens. Les petits délinquants semblaient aussi effrayés que les bourgeois et les trafics divers souffraient autant que les activités régulières. Il faisait nuit à Londres, à Madrid, à Rome, à Berlin : bientôt il ferait froid. A Paris, au moins, nous étions éclairés. Le Président a promis, un temps, que la situation resterait sous contrôle. Nous n'étions pas dupes : le seul qu'il essayait de convaincre dans ses déclarations forcées n'était autre que lui-même. Puis, un soir, il a reconnu devant les caméras qu’il n’y avait rien à faire. Il s'est résolu à nous asséner cette atroce vérité : il n’y avait pas de plan B ! Point !
Les automobilistes ont laissé leur véhicule au garage et ont tenté, un temps, de covoiturer.
(...)
Aucune reproduction autorisée sans autorisation de l'auteur.
Juste pour vous montrer parce que si vous n'avez pas d'iPhone, hélas, vous ne pourrez lire :
Communiqué de presse
Lancement du premier roman francophone interactif iPhone
L’eBook « Le chemin qui menait vers vous » sera lancé le 4 février à 9h00. Son auteur, William Rejault, influera le cours du livre selon les avis des lecteurs.
Paris, le 3 février 2010 – Première expérience littéraire francophone exploitant l’ensemble des possibilités interactives de l’iPhone, « Le chemin qui menait vers vous » est un roman feuilleton écrit par l’auteur de romans William Réjault en collaboration avec Laurent Latorre, en interaction permanente avec ses lecteurs. C’est également le nom de l’application exclusive conçue pour optimiser le confort de lecture mais également l’échange.
Un principe d’interactivité intégrée
Après avoir téléchargé gratuitement l’application sur son iPhone ou son iPod Touch, l’utilisateur recevra chaque semaine un pack de deux nouveaux chapitres du roman. Les trois premiers chapitres seront distribués gratuitement et pourront être commentés au sein même de l’application, via des échanges sur Facebook et Twitter ainsi que sur un site dédié : www.lecheminquimenaitversvous.fr.
Ainsi, dès le quatrième chapitre et dans l’ensemble des chapitres suivants diffusés chaque semaine, l’auteur prendra en compte les questions, avis et échanges avec les lecteurs pour poursuivre le déroulement de l’histoire.
Un roman feuilleton par William Rejault en collaboration avec Laurent Latorre.
L’engagement de William Rejault réside dans son envie de participer à une innovation littéraire et tester un nouveau modèle d’écriture après la publication de trois romans* inspirés de son passé d’infirmier. Pour ce format digital et interactif, il a choisi un « road-trip à pied » dans un genre qu’il décrit comme un « roman feuilleton à l’ancienne ». Fidèle à son écriture directe et son talent pour recréer l’univers émotionnel des situations, il débute son premier chapitre par une phrase qui plonge d’emblée le lecteur dans le postulat d’actu fiction : « C’est la mort violente de Nicolas Sarkozy qui a tout précipité ».
Une application innovante par sa dimension connectée Conçue sous la direction du Président de la start-up Blüpan, ancien Directeur mobile de Mondadori France Digital, l’application iPhone « Le chemin qui menait vers vous » a pour vocation de mettre les atouts du format au service du lecteur. « Nous avons souhaité profiter pleinement du potentiel de l'iPhone et de ses fonctions communicantes », commente Olivier Cambournac. « Il s'agissait de proposer un livre électronique simple d'usage exploitant le principe d'interactivité au-delà de tout ce qui a été testé jusqu’à ce jour. »
L’application sera disponible le 4 février en téléchargement gratuit avec les 3 premiers chapitres. Chaque semaine, deux nouveaux chapitres seront livrés, chaque pack de chapitres coûtera 0,79 Euros à partir du quatrième chapitre.
Soirée intime de lancement : Olivier Cambournac et bibi.
Deux questions à...un inconnu, une inconnue. Ou pas ! No names.
Ce sera toujours les mêmes questions. Première question : quel est le meilleur conseil qu'on vous ait jamais donné ? Deuxième question : Quand ça ne va pas, à quelle image positive pensez-vous pour vous faire du bien ? Benjamin :
Ce n'est pas la peine de prendre un chemin détourné (ou de mentir) quand il s'agit de rompre avec une personne : les mensonges proférés sont contournables par la logique et, au final, la situation dure, la conversation s'enlise et on ne fait que retarder l'échéance en laissant de faux espoirs.
Hier je me suis décidé en un clin d'oeil. Je n'en pouvais plus. J'ai demandé à le voir. J'ai tourné deux phrases autour du pot. Il m'a regardé en souriant : Tu veux t'en aller ? J'ai haussé les épaules, surpris par sa franchise : - Non, non...enfin...Si, si. Oui. Enfin, pas dit comme ça mais oui. Oui. - Ok. - Oui, je m'en vais.
ET ce fut tout. L'essentiel était dit, nous pouvions passer à autre chose.
Il y a quelques années j'aurais dit : - Tu sais blablabla la vie blablabla compliqué blablabla besoin d'une pause blablabla je n'exclus pas...
Atroce, le "je n'exclus pas", atroce. On ne le pense pas mais on se dit que ça fera moins mal. L'autre n'entend que ça (surtout s'il ne veut pas rompre) et, au final, se prend une deuxième vraie rupture à retardement dans la tronche, des semaines ou des mois plus tard. En comprenant seul, douloureusement, que l'attente n'a servi à rien ou en se faisant remettre les points sur les i d'un coup, par un mec subitement plus cash.
(Je ne quitte pas l'homme que j'aime, pas d'inquiétude. Je parle d'autre chose)
Deux questions à...un inconnu, une inconnue. Ou pas ! No names.
Ce sera toujours les mêmes questions. Première question : quel est le meilleur conseil qu'on vous ait jamais donné ? Deuxième question : Quand ça ne va pas, à quelle image positive pensez-vous pour vous faire du bien ? Benoit :
Deux questions à...un inconnu, une inconnue. Ou pas ! No names.
Ce sera toujours les mêmes questions. Première question : quel est le meilleur conseil qu'on vous ait jamais donné ? Deuxième question : Quand ça ne va pas, à quelle image positive pensez-vous pour vous faire du bien ? Aude :
Deux questions à...un inconnu, une inconnue. Ou pas ! No names.
Ce sera toujours les mêmes questions. Première question : quel est le meilleur conseil qu'on vous ait jamais donné ? Deuxième question : Quand ça ne va pas, à quelle image positive pensez-vous pour vous faire du bien ? Anne-Marie :
Deux questions à...un inconnu, une inconnue. Ou pas ! No names.
Ce sera toujours les mêmes questions. Première question : quel est le meilleur conseil qu'on vous ait jamais donné ? Deuxième question : Quand ça ne va pas, à quelle image positive pensez-vous pour vous faire du bien ? Florian :