Deux livres lus ce week-end dans le train, deux livres de gens que je connais. Enfin pu trouver un peu de temps pour tourner des pages. Le train s'y prête.
"Les chroniques de Mandor" par François Alquier.
François Alquier est le premier journaliste à m'avoir interviewé dans ma carrière d'auteur, le tout premier. J'étais méfiant (http://www.mandor.fr/archive/2006/12/15/ron-l-infirmier-a-l-ecoute-du-monde.html ) mais je n'aurais pas dû : François est un journaliste exceptionnel. Point. J'ai énormément appris de lui, depuis quatre ans. Il est ouvert, il est curieux, il est désireux de comprendre mais, surtout, ce qui fait sa force, ce qui donne une saveur toute particulière à son travail - et donc à ses chroniques collectées après des heures d'interview - c'est qu'il accorde la même importance à une star qu'à un jeune débutant. Partant du principe que chacun démarre un jour, que petite starlette deviendra icône ou que grande star fut débutante, bien plus tôt. Ce n'est pas une question de communisme journalistique mais bien d'ouverture d'esprit... et un peu de fierté, aussi, allez, ou d'orgueil bien placé quand François se pique au jeu du pronostic (déguisé). On sent poindre entre les lignes, parfois, l'amour qu'il a des artistes qui tentent leur chance et François peut alors leur déclarer "sa flamme". Il devient alors plus pointu dans ses mots, un peu plus personnel et le voilà qui nous invite à découvrir un jeune artiste, pas "un de plus", non, mais un "qui comptera un jour". Et ça, c'est super généreux. Et c'est tout lui. Ce livre est un petit plaisir : on ne sait jamais sur qui on va tomber, une fois le portrait terminé. Si l'artiste ne plaît pas, il y en a toujours un, après, dont on brûle de découvrir un petit secret. J'ai beaucoup aimé.
"Bobos de merde", de Benoît Daragon et Bixente Barnetche, je l'ai lu avec d'autant plus d'attention qu'il y avait Virginie Fuertes aux commandes, derrière, à l'édition. Elle fut de mes trois premiers livres, chez Privé/Michel Lafon et reste une personne avec qui j'ai pris un immense plaisir à travailler. Pu.ain qu'elle fut patiente avec moi ! Et à la hauteur ! Je ne suis pas tendre avec les gens avec qui je travaille, en écriture. J'accorde peu ma confiance. Elle fut parfaite. Et travailleuse. Et pointilleuse.
"Bobos de merde" ne m'a pas toujours intéressé car il dépeint un monde que je ne fréquente pas et qui me gonfle un peu (oui) mais le style est là, l'écriture a été travaillée et l'histoire se lit sans déplaisir.
Ce n'est pas un livre exempt de snobisme, parfois, (alors que Bixente - je ne connais pas Benoît - ne l'est absolument pas au quotidien lorsque je le croise) ni de quelques tics sociétals qui seront déjà datés avant la fin de l'année... mais j'ai tourné les pages pour connaître la suite et la fin. Assez troublante.
Cela laisse entrevoir d'autres ouvrages en devenir... des romans, oui. Que demander de plus à un livre, au final : il est bien écrit, il dépeint fort justement tout un pan d'une société, il est dans l'air du temps, il vous fait oublier le monde ou vous agace tant il décrit si bien ceux que vous fuyez chaque jour. Une belle surprise.
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